Beaucoup de bricoleurs pensent qu’une gouttière en zinc impose un fer à souder et un coup de main de professionnel. C’est faux : les fabricants proposent des systèmes pensés pour l’assemblage à froid, avec emboîtement, rivetage et mastic. Pour poser une gouttière en zinc sans soudure, la réussite tient à trois choses : une pente régulière, des crochets bien espacés et une gestion correcte de la dilatation.
Peut-on poser une gouttière en zinc sans soudure ? La méthode d’assemblage
Oui, à condition de choisir une des trois techniques d’assemblage à froid. L’emboîtement concerne les systèmes à manchons ou à joints préformés, où chaque tronçon s’enfile dans le suivant. Le joint à recouvrement, lui, consiste à superposer les extrémités sur environ 3 cm, puis à les riveter avec un mastic entre les deux faces. Enfin, le sertissage ou l’agrafage replie les bords l’un dans l’autre avec une pince à sertir, ce qui demande un peu plus d’habitude.
Pour un premier chantier, le recouvrement avec rivets et mastic reste le plus accessible. Voici la séquence à suivre pour chaque raccord :
- Présenter les tronçons à sec sur les crochets pour vérifier la longueur et la continuité de la pente.
- Nettoyer et dégraisser les zones de contact au chiffon propre.
- Glisser l’extrémité amont à l’intérieur du tronçon aval, de sorte que l’eau s’écoule toujours vers la face lisse du suivant, jamais contre un bord relevé.
- Déposer un cordon de mastic d’étanchéité compatible avec le zinc entre les deux surfaces.
- Fixer par une série de petits rivets en zinc ou en inox, puis lisser le surplus de mastic.
- Laisser durcir selon la notice avant de faire couler de l’eau pour tester.
Le sens du recouvrement est la règle que les débutants inversent le plus souvent, et les raccords étanches pour gouttière zinc reprennent ce point pas à pas. Si le bord du tronçon amont dépasse sous le tronçon aval, l’eau bute contre le rebord et finit par suinter par le joint. Un simple arrosage au tuyau après la pose suffit à repérer ce défaut.
Zinc et froid : pas de pliage sous 10 °C
Le zinc devient cassant par temps froid. Au printemps ou au début de l’automne, travaillez en milieu de journée, et évitez de plier ou de recouper les pièces quand le thermomètre descend sous 10 °C, sous peine de fissures invisibles qui laisseront passer l’eau.
Le matériel à prévoir avant de monter sur l’échelle
Rassemblez tout avant de commencer, car chaque aller-retour sur l’échelle fait perdre du temps et augmente le risque de chute. Il vous faut les tronçons de gouttière en zinc naturel (demi-ronde ou nantaise, selon la corniche et le style de la maison), les crochets adaptés à votre support, une naissance, des embouts ou fonds, des coudes, des descentes et leurs colliers.
Côté outillage, prévoyez un cordeau, un mètre, un niveau, une cisaille à métaux, une riveteuse, de la visserie anticorrosion et le mastic prévu pour le zinc. Évitez les silicones acides, qui attaquent le métal. Des gants anticoupure sont indispensables, car les tranches de zinc coupent comme des lames, et un échafaudage ou une échelle stabilisée sécurisent le travail en hauteur.
Calculer et tracer la pente de la gouttière

La pente se règle avant la fixation des crochets, jamais après, comme le détaille le guide pente et crochets pour gouttière zinc. Pour le zinc, comptez 3 à 5 mm par mètre vers la naissance de la descente pluviale. Sur une façade de 10 m avec une descente à l’extrémité, le point haut doit donc se trouver 3 à 5 cm plus haut que le point bas.
Pour tracer, repérez les deux extrémités et marquez leur hauteur sur la planche de rive ou les chevrons. Tendez un cordeau entre les deux repères et faites vos marques de crochets le long de cette ligne. Si la gouttière dépasse environ 12 m, placez la descente au milieu et créez deux pentes inversées, ce qui évite une pente trop marquée et un décrochement visible par rapport à l’égout du toit.
Le dimensionnement se vérifie aussi : une gouttière demi-ronde de 25 cm de développé convient à des toitures de taille courante, alors qu’une grande surface réclame un profil plus large ou une seconde descente. En cas de doute, comparez la surface de toiture desservie avec les tableaux du fabricant.
Fixer les crochets sans déformer le zinc
Les crochets portent le poids de l’eau, des feuilles et parfois de la neige. L’espacement standard est d’environ 50 cm, ramené à 33 cm dans les régions neigeuses. Placez toujours un crochet près de chaque joint et de chaque extrémité, mais jamais à cheval sur un raccord.
Le type de fixation dépend du support : crochets à visser sur la planche de rive ou les chevrons, pattes à sceller dans la maçonnerie, ou crochets à clouer sur le voligeage. Utilisez de la visserie en inox ou en zinc, jamais d’acier nu qui rouille et tache la gouttière. Serrez sans écraser : un crochet trop serré marque le zinc et empêche la gouttière de bouger quand elle se dilate.
Raccorder la naissance et la descente pluviale
La naissance est la pièce percée qui relie la gouttière à la descente. Elle se pose au point bas de la pente, soit à l’extrémité, soit à l’endroit où deux pentes se rejoignent. Découpez l’orifice à la cisaille, présentez la naissance, puis fixez-la avec des rivets et du mastic, comme pour un joint à recouvrement.
Côté embouts, chaque extrémité fermée reçoit un fond rivé et jointoyé. Pour la descente, enfilez les éléments du haut vers le bas, avec un coude en haut pour ramener le tuyau contre le mur et un collier tous les 2 m environ. Terminez par un dauphin ou un raccord vers le réseau d’évacuation, de façon à éloigner l’eau des fondations.
Prévoir la dilatation du zinc
Le zinc se dilate d’environ 1 mm par mètre entre l’hiver et l’été, ce qui peut produire plusieurs millimètres sur un tronçon. Si tout est bloqué, le métal gondole ou casse ses rivets. Les systèmes sans soudure intègrent donc un joint de dilatation ou des crochets coulissants, à installer selon la longueur maximale indiquée dans la notice. Pour une gouttière continue de plus de 12 m, ce joint devient obligatoire.
Erreurs fréquentes et entretien

Les défauts qu’on rencontre le plus souvent sont une pente insuffisante (eau stagnante qui attaque le zinc), des crochets trop espacés (gouttière qui s’affaisse), un mastic inadapté qui se fissure et un sens de recouvrement inversé. Le contact direct avec du cuivre est aussi à proscrire, car il accélère la corrosion du zinc.
Côté entretien, nettoyez la gouttière deux fois par an, au printemps et après la chute des feuilles. Un bouchon de feuilles provoque un débordement qui abîme la façade et les joints. Retirez les débris à la main, rincez à l’eau claire et contrôlez les raccords : un cordon de mastic fendu se reprend en quelques minutes, et si la gouttière fuit malgré tout, consultez réparer une gouttière zinc qui fuit.
Bien posé, le zinc dure souvent de 30 à 50 ans. Faites appel à un couvreur-zingueur si votre toiture est très haute, si la façade est complexe avec de nombreux angles, ou si la gouttière dépasse 15 à 20 m. Ce professionnel dispose du matériel de sécurité et des techniques de sertissage qui garantissent une étanchéité durable.





