Poser une gouttière en zinc soi-même est à la portée d’un bricoleur méthodique, à condition de respecter quatre points : un dimensionnement cohérent avec la surface du toit, une pente régulière, des crochets bien espacés et des raccords étanches. La brasure à l’étain reste la technique traditionnelle pour assembler les éléments. Les systèmes à emboîtement ou à coller offrent une alternative plus accessible aux particuliers.
Voici l’ordre des opérations : choisir la section et le zinc, tracer la pente, fixer les crochets, préparer et assembler les éléments au sol ou en place, laisser le métal se dilater librement, puis raccorder la descente et tester à l’eau. Chaque étape est détaillée ci-dessous, avec les erreurs qui font échouer un chantier.
Dimensionner l’évacuation et choisir son zinc
Le dimensionnement de la gouttière dépend de la surface de toiture qui déverse dans chaque tronçon, de la pluviométrie locale et du nombre de descentes pluviales. Le développé de 33 cm convient à la plupart des maisons individuelles. Pour une petite annexe, un développé plus faible suffit, alors qu’un grand versant demande 40 cm ou deux descentes.
| Surface de toiture | Développé indicatif |
|---|---|
| Jusqu’à 35 m² | 16 cm |
| 35 à 80 m² | 25 cm |
| 80 à 100 m² | 33 à 40 cm |
Ces valeurs sont des repères et non une règle absolue. En région très pluvieuse ou avec un toit complexe, passez à la section supérieure et ajoutez une descente. Repérez dès maintenant l’emplacement de la naissance et de la descente, de préférence près d’un angle, avec une évacuation possible vers le réseau d’eaux pluviales, un drain ou une cuve de récupération.
Côté matière, le zinc naturel se patine avec le temps et prend un gris mat. Le zinc prépatiné affiche d’emblée sa teinte (ardoise, quartz) et masque mieux les rayures de chantier. Les deux se posent de la même manière, et une épaisseur de 0,65 à 0,8 mm est courante pour les gouttières.
Le matériel à réunir
- Gouttière en zinc, le plus souvent demi-ronde, avec naissance, fonds, angles et embouts.
- Crochets ou hampes adaptés au support (chevrons, planche de rive, mur).
- Joints de dilatation, descente pluviale, coudes et colliers.
- Cordeau, niveau, mètre, cisaille à zinc, visserie anticorrosion.
- Pour la soudure : fer à souder, décapant compatible et baguette d’étain.
- Gants anticoupure, lunettes et échafaudage ou échelle sécurisée.
Tracer la pente et poser les crochets
La pente est la première cause d’échec. Visez environ 3 à 5 mm par mètre vers la descente. Une pente trop faible laisse l’eau stagner et fait ressortir les moindres défauts de soudure, alors qu’une pente trop forte se voit depuis la rue.
Posez d’abord le crochet le plus haut, côté opposé à la descente, puis le crochet le plus bas, à l’aplomb de la naissance. Tendez un cordeau entre les deux et vérifiez au niveau. Tous les autres crochets viendront s’aligner sur ce fil. Si la gouttière est alimentée des deux côtés, créez deux pentes qui convergent vers une descente centrale.
L’espacement des crochets ne doit pas dépasser 50 cm environ, et il se resserre à 30 ou 40 cm dans les régions neigeuses. Placez toujours un crochet de part et d’autre d’un raccord et près des angles. Fixez-les avec des vis anticorrosion dans un support sain, jamais dans un bois pourri ou un enduit friable.
Couper, plier et assembler les éléments : souder ou coller

La préparation se fait au sol, c’est plus sûr et plus précis. Mesurez chaque tronçon, tracez la coupe et utilisez la cisaille à zinc en gardant des bords nets. Pour les angles, les embouts ou une naissance sur mesure, le pliage s’effectue sur un établi avec des cales en bois, sans marteler directement le zinc.
La soudure à l’étain reste la référence pour la durabilité. Nettoyez les zones à assembler, appliquez le décapant, chauffez le fer et fondez l’étain pour qu’il pénètre le joint sur toute la longueur. Un cordon continu, sans trou, garantit l’étanchéité. Soignez les fonds de gouttière et les angles, là où les fuites apparaissent en premier. Si une fuite apparaît malgré tout, voici comment réparer une gouttière en zinc, avec ou sans soudure.
Si vous ne maîtrisez pas la brasure, le collage avec une colle ou un mastic compatible zinc fonctionne pour les raccords courants. Respectez les temps de séchage et la propreté des surfaces (sans graisse ni poussière). Les éléments à emboîtement, eux, se clipsent avec leurs joints, mais exigent le respect strict des recouvrements prévus par le fabricant.
Prévoir la dilatation du zinc lors de la pose
Le zinc se dilate et se rétracte nettement entre un matin d’hiver et un après-midi d’été, de l’ordre de plusieurs millimètres par mètre sur une année. Une gouttière bloquée de partout finit par gondoler, ouvrir ses soudures ou arracher ses crochets.
Les crochets doivent donc retenir la gouttière sans la verrouiller : le bourrelet avant s’engage dans le crochet, qui laisse un léger jeu en longueur. Sur les grandes longueurs, intégrez un joint de dilatation tous les 8 à 12 m environ, à vérifier selon la notice du fabricant. N’utilisez jamais de vis qui traversent la gouttière dans sa longueur, car elles figent le tronçon.
Le test du seau avant de tout fixer
Avant de poser les derniers colliers, versez plusieurs seaux d’eau dans la gouttière à partir du point haut. Observez l’écoulement sur toute la longueur : aucune flaque ne doit rester, et aucune goutte ne doit apparaître sous les soudures. Une retouche à ce stade prend dix minutes, contre une demi-journée une fois l’ensemble repeint ou posé en hauteur.
Raccorder la descente et tester l’étanchéité
Le raccord entre la gouttière et la descente se fait par la naissance, une pièce percée soudée ou collée dans le fond du tronçon. Le tuyau s’emboîte ensuite dans un coude, puis descend en suivant le mur, avec des colliers tous les 1,5 à 2 m. Le pied de descente se termine par un dauphin en fonte ou un raccord vers le réseau d’eaux pluviales.
Contrôlez ensuite les angles et les embouts : les recouvrements doivent suivre le sens d’écoulement, de sorte que l’eau ne remonte pas sous un joint. Rincez le chantier de ses chutes et limailles de zinc, qui peuvent tacher la gouttière. Le vrai test se fait à la première grosse pluie : suivez la gouttière du regard et notez la moindre goutte à reprendre.
Questions fréquentes

Quelle pente donner à une gouttière en zinc ?
Entre 3 et 5 mm par mètre vers la descente. Au-delà de 10 à 12 m, prévoyez une seconde descente ou une pente inversée depuis le centre.
Faut-il souder ou coller les raccords ?
La soudure à l’étain est la plus durable, mais elle demande de l’habitude. Le collage convient aux particuliers pour des raccords bien préparés, à condition d’utiliser un produit prévu pour le zinc.
Quel espacement entre les crochets ?
Environ 50 cm, et 30 à 40 cm en zone neigeuse. Un crochet doit toujours être placé de chaque côté d’un raccord.
Comment éviter les fuites aux angles ?
Soignez la découpe et le pliage, soudez ou collez sur toute la longueur du joint, puis faites un test à l’eau avant de fixer définitivement les dernières pièces.
Peut-on poser seul une gouttière en zinc ?
C’est possible sur une petite maison de plain-pied, mais se faire aider pour tenir les longueurs et sécuriser l’échafaudage est vivement conseillé. Au-delà d’un étage, le recours à un couvreur reste plus prudent.





