Fabriquer une pergola en acier est à la portée d’un bricoleur qui sait déjà souder et qui prend le temps de préparer son plan. Le résultat dure des décennies, supporte une toiture légère et accueille des plantes grimpantes sans fléchir, à condition de soigner trois points : la section des profilés, l’ancrage au sol et la protection contre la rouille.
Voici la méthode complète, avec les dimensions couramment utilisées pour une pergola de 3 x 3 m, le matériel à prévoir et un comparatif de budget avec une réalisation par un ferronnier.
Pergola de 3 x 3 m : la méthode en cinq temps
On dessine d’abord un plan coté (2,30 à 2,50 m sous traverse) et on vérifie les règles d’urbanisme. On coupe et on perce ensuite les tubes à plat, puis on soude deux portiques au sol, chacun composé de deux poteaux, d’une traverse et de jambes de force. On les lève, on les règle à l’aplomb et on les fixe sur platines ou dans des plots en béton. Reste à poser les chevrons ou le treillis, puis à appliquer l’apprêt antirouille et la peinture métal.
Pourquoi fabriquer sa pergola en acier ?
L’acier offre une rigidité qu’aucun bois ne propose avec des sections aussi fines. Une pergola métallique franchit trois ou quatre mètres sans appui intermédiaire, ne craint ni les termites ni la pourriture et garde une silhouette légère dans le jardin. Fabriquée soi-même, elle coûte aussi nettement moins cher qu’une réalisation sur mesure.
Le revers, c’est la technique : il faut maîtriser la soudure à l’arc, manipuler des pièces lourdes et traiter correctement le métal. Sans poste à souder, l’assemblage par platines boulonnées reste possible, mais il perd en rigidité. Dans ce cas, mieux vaut comparer avec le devis d’un ferronnier.
Choisir les profilés et le matériel nécessaires
Pour une pergola de 3 x 3 m, des poteaux en tube carré de 80 x 80 mm, épaisseur 3 mm, suffisent dans la majorité des cas. Passez au 100 x 100 mm dès que la portée dépasse 3 m, que le terrain est exposé au vent ou que vous prévoyez une toiture. L’entraxe entre poteaux reste inférieur à 3 m avec du 80 x 80, et un acier S235 courant convient parfaitement.
| Pièce | Profilé conseillé | Rôle |
|---|---|---|
| Poteaux | Tube carré 80 x 80 x 3 mm (100 x 100 x 3 mm si exposé) | Reprise des charges verticales |
| Traverses porteuses | Tube rectangle 100 x 50 x 3 mm sur chant, ou poutre IPE 100 au-delà de 4 m | Relier les poteaux et porter les chevrons |
| Chevrons | Tube carré 40 x 40 x 2 mm, tous les 50 cm | Ombrage, support de toiture |
| Jambes de force | Cornière 40 x 40 x 4 mm, à 45° | Contreventement face au vent |
| Treillis | Fer plat 30 x 4 mm ou tube 20 x 20 mm, mailles de 15 à 20 cm | Support de plantes grimpantes |
Côté outillage, prévoyez :
- un poste à souder MIG/MAG de 160 à 200 A (ou à électrodes rutiles de 2,5 mm) ;
- une meuleuse de 125 mm avec disques à tronçonner et à lamelles ;
- une perceuse à colonne ou une perceuse puissante avec forets à métaux ;
- un niveau à bulle, une équerre, des serre-joints et un mètre ruban ;
- masque de soudeur, gants, tablier et lunettes de protection.
Fabriquer une pergola en acier étape par étape

Avant la première coupe, renseignez-vous en mairie. Une pergola dont l’emprise au sol dépasse 5 m² demande en général une déclaration préalable, et un permis de construire devient nécessaire au-delà de 20 m² (40 m² en zone urbaine couverte par un PLU). Les secteurs protégés ont leurs propres exigences, donc vérifiez le règlement local.
Découper, assembler et souder les panneaux
Coupez les tubes à la meuleuse en traçant chaque repère au crayon à métal, puis ébavurez les arêtes. Posez les pièces sur un plan de travail bien plat (des tréteaux calés au niveau à bulle font l’affaire) et maintenez-les avec des serre-joints. Chaque portique réunit deux poteaux de 2,60 m environ (hauteur utile plus fiche ou platine), une traverse et deux jambes de force en cornière.
Commencez par pointer les assemblages, sans cordon continu. Contrôlez l’équerrage en mesurant les deux diagonales : elles doivent être identiques à 2 mm près. Une fois la géométrie validée, réalisez les cordons complets, puis meulez-les pour obtenir une surface propre avant la peinture. En pied de poteau, soudez une platine de 200 x 200 x 8 mm percée de quatre trous de 14 mm.
Sceller ou fixer la structure, puis poser le treillis
Sur une dalle béton existante, les platines se fixent avec quatre chevilles mécaniques ou chimiques M12. Sur un sol meuble, creusez des plots de 40 x 40 cm sur 60 à 80 cm de profondeur (sous la limite de gel), coulez un béton dosé à 350 kg/m³ et noyez des tiges d’ancrage dans le scellement. Évitez d’enterrer directement le tube : le pied rouille de l’intérieur en quelques années.
Levez chaque portique à deux, calez-le avec des étais et vérifiez l’aplomb dans les deux sens au niveau à bulle. Laissez le béton prendre 48 heures avant de charger la structure. Reliez ensuite les portiques par les traverses de liaison, posez les chevrons, puis soudez ou boulonnez le treillis. Pour une pergola adossée à un mur, la lisse se fixe avec des chevilles chimiques adaptées à la maçonnerie.
Finitions et protection contre la rouille
L’acier nu rouille dès les premières pluies, et la protection se prépare avant le montage. Dégraissez les tubes, meulez les cordons, puis appliquez un apprêt antirouille sur toutes les faces, y compris l’intérieur des extrémités. Deux couches de peinture métal en finition donnent une protection correcte pour un usage familial.
Pour une tenue de longue durée, la galvanisation à chaud réalisée en atelier avant peinture reste la référence. Les tubes fermés doivent alors comporter des trous d’évent, que le galvaniseur vous indiquera. Le thermolaquage, lui aussi réalisé en atelier, donne une finition très résistante aux chocs et aux UV, avec un large choix de teintes. Après montage, retouchez toujours les soudures de fixation et les éclats.
Budget, entretien et alternative sur-mesure

Pour une pergola de 3 x 3 m, comptez à titre indicatif 600 à 1 200 € de matériaux (tubes, platines, béton, apprêt, peinture, consommables de soudure), hors achat du poste à souder. Un kit en acier du commerce se situe plutôt entre 800 et 2 000 €, tandis qu’un ferronnier facture souvent 2 500 à 6 000 € posé, galvanisation et thermolaquage compris. Le DIY gagne sur le prix, mais vous prenez en charge le temps, le levage et la garantie d’exécution.
L’entretien se limite à un nettoyage à l’eau savonneuse et à un contrôle annuel des soudures et des éclats de peinture. Côté végétation, préférez la clématite, le jasmin ou le chèvrefeuille : une glycine adulte pèse lourd et exige des sections plus généreuses. Si vous ajoutez une toiture en polycarbonate ou une toile, prévoyez une légère pente de 5 à 10 % et renforcez poteaux et traverses pour absorber le vent et la neige. En cas de doute sur le dimensionnement, un ferronnier peut valider vos plans avant que vous lanciez la découpe.






2 Commentaires
[…] est de dimensions courantes : si la structure est encore à monter, consultez notre guide pour fabriquer une pergola en acier soi-même. Pour une structure irrégulière ou de grande portée, le sur-mesure évite les mauvaises […]
[…] bonne approche pour fabriquer une pergola en acier soi-même consiste donc à construire une structure légère, avec des poteaux et des traverses principales […]