Faut-il une hotte dans sa cuisine, peut-on la brancher sur la VMC, a-t-on le droit de percer un mur pour rejeter l’air dehors ? La réglementation de l’évacuation d’une hotte de cuisine pour un particulier repose sur quelques textes assez clairs, mais mal connus. Voici ce qu’ils imposent, ce qu’ils interdisent et comment installer son appareil sans mauvaise surprise.
Hotte de cuisine et évacuation : ce que dit la réglementation pour un particulier
Hotte facultative, ventilation obligatoire
Aucun texte n’oblige à installer une hotte. En revanche, la cuisine doit être ventilée. L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements (modifié depuis) impose une circulation d’air permanente : de l’air neuf entre par les pièces sèches (séjour, chambres) grâce à des entrées d’air, traverse le logement et ressort par les pièces humides, dont la cuisine, via une bouche d’extraction ou un conduit.
Ce principe découle du code de la construction et de l’habitation, notamment l’article R111-9, qui exige des bâtiments d’habitation une aération suffisante. La cuisine dispose en outre d’un débit d’extraction de pointe, activé pendant la cuisson, dont l’ordre de grandeur va d’environ 75 à 135 m³/h selon la taille du logement. Dans un logement équipé d’une VMC, ce débit de pointe est déjà prévu : la hotte n’est donc pas indispensable pour respecter la règle.
Dans la pratique, une hotte reste très utile pour capter les graisses, les odeurs et la vapeur. Mais elle vient en complément de la ventilation générale, jamais à sa place.
Règles à respecter pour évacuer l’air d’une hotte vers l’extérieur
Une hotte à évacuation extérieure est autorisée chez un particulier, à condition que l’air soit rejeté dehors par un conduit d’évacuation qui lui est propre. Les règles de l’aération des logements et les prescriptions du DTU 68.3 (installations de ventilation mécanique) encadrent la façon de la raccorder pour ne pas dérégler le reste de l’installation.
Ne pas raccorder la hotte à la VMC
C’est le point le plus important : on ne raccorde jamais une hotte motorisée à une VMC ou à un conduit collectif. Le ventilateur de la hotte déséquilibre les débits du réseau, peut refouler air chargé de graisses ou de fumées chez les voisins et, avec des appareils à combustion, crée un risque réel pour la sécurité.
Concrètement, cela signifie que la hotte ne se branche ni sur la bouche d’extraction de la cuisine, ni sur un conduit shunt, ni sur la gaine d’un immeuble. La bouche de la VMC simple flux ou de la VMC hygroréglable reste dédiée à la ventilation du logement, et la hotte dispose de son propre trajet vers l’extérieur.
Hotte sur la bouche VMC : le raccord à ne jamais faire
Le réflexe de bricoler un manchon entre la hotte et la bouche d’extraction est courant, surtout en appartement. Il est pourtant à proscrire : le débit de la VMC chute dans les autres pièces, l’humidité et la condensation s’installent, et la hotte peut renvoyer l’air vicié chez un voisin. Si le conduit existant est collectif, mieux vaut passer à une hotte à recyclage.
Ce qui est possible selon votre logement
| Situation | Hotte à évacuation extérieure | Hotte à recyclage |
|---|---|---|
| Maison individuelle avec VMC simple flux | Autorisée, avec conduit indépendant et compensation d’air | Autorisée |
| Maison avec VMC double flux | Déconseillée, elle perturbe l’équilibre du système | Recommandée |
| Appartement avec VMC collective | Interdite sur le conduit collectif ; rejet en façade soumis à l’accord de la copropriété | Autorisée |
| Cuisine avec appareil à gaz | Possible sous conditions strictes d’amenée d’air | Autorisée, ventilation du local à conserver |
Cuisine avec appareils à gaz : les précautions supplémentaires

Une cuisinière ou une plaque au gaz exige une ventilation haute et basse du local : une entrée d’air basse pour alimenter la combustion et une sortie d’air haute pour évacuer les produits brûlés. Ces ouvertures ne doivent jamais être bouchées, même quand on installe une hotte. GRDF rappelle d’ailleurs ce point dans ses recommandations pour les installations intérieures.
Le danger apparaît quand une hotte aspirante met la pièce en dépression. Si un autre appareil à gaz à tirage naturel fonctionne dans le logement (chaudière ou chauffe-eau non étanche), l’air peut redescendre par son conduit et ramener du monoxyde de carbone dans la pièce. Avec une chaudière étanche, ce risque disparaît en grande partie, mais l’amenée d’air de la cuisine doit tout de même être suffisante.
Dans un logement équipé d’une VMC gaz, le raccordement d’une hotte motorisée sur le réseau est formellement interdit. En cas de doute, un installateur qualifié ou un diagnostic de la installation gaz lève toute ambiguïté avant les travaux.
Hotte à évacuation ou à recyclage : que choisir selon son logement ?
La hotte à évacuation extérieure est la plus efficace : elle expulse graisses, vapeur et odeurs, ce qui limite l’humidité et la condensation dans la cuisine. Elle convient surtout aux maisons, à condition de prévoir un conduit court et une entrée d’air pour compenser l’air extrait. Dans une cuisine ouverte sur le séjour, souvent pensée pour aménager une petite cuisine sans sacrifier la circulation, cette évacuation est précieuse, car les odeurs se diffusent dans toute la pièce de vie.
La hotte à recyclage, elle, aspire l’air, le filtre et le renvoie dans la pièce. Un filtre à graisses retient les particules grasses, tandis qu’un filtre à charbon actif piège une partie des odeurs. Ce dernier se remplace en général tous les trois à six mois. Elle ne retire en revanche ni la vapeur d’eau ni les produits de combustion du gaz : la ventilation de la cuisine doit donc rester assurée par la VMC ou par une aération régulière.
En appartement avec VMC collective, le recyclage est le plus souvent le choix le plus simple et le plus sûr. En maison, l’évacuation extérieure est préférable quand le tracé du conduit est direct.
Installer une hotte à évacuation : conduit, diamètre, rejet et copropriété
Un conduit d’évacuation efficace est court et le plus rectiligne possible. Le diamètre courant est de 125 mm, parfois 150 mm selon le modèle ; mieux vaut ne jamais réduire la section en cours de route. On privilégie un conduit rigide ou semi-rigide à paroi lisse, en limitant les coudes, car chaque courbe fait chuter le débit d’air et augmente le bruit.
Un clapet anti-retour, posé sur le conduit ou à la sortie de la hotte, empêche l’air froid, les odeurs et parfois les insectes de remonter quand l’appareil est arrêté. Le rejet en façade se termine par une grille ou un chapeau de protection, éloigné des fenêtres et des entrées d’air, ou par une sortie en toiture selon la configuration. Il faut aussi prévoir une compensation d’air, par une entrée d’air ou une fenêtre entrebâillée, sans quoi la hotte tire mal et la dépression s’installe.
En copropriété, percer la façade pour un rejet extérieur touche aux parties communes et à l’aspect de l’immeuble. Il faut donc demander l’accord de l’assemblée générale, en consultant au préalable le règlement de copropriété. Sans autorisation, le syndic peut exiger la remise en état. Un propriétaire en maison individuelle n’a pas cette contrainte, mais doit respecter le plan local d’urbanisme et les règles de distance par rapport aux voisins pour le rejet.
Pas de conduit possible : les alternatives conformes

Quand aucun passage vers l’extérieur n’est envisageable, plusieurs solutions restent conformes. La première est la hotte à recyclage, installée sans aucun percement. La table de cuisson aspirante, qui capte les vapeurs directement au niveau des feux, s’intègre dans le plan de travail et convient bien aux cuisines ouvertes ou aux îlots, même si elle demande un conduit d’évacuation sous le meuble ou un mode recyclage.
On peut aussi installer un extracteur d’air ponctuel, un petit ventilateur placé dans un mur ou une fenêtre, utile pour évacuer vapeur et odeurs de façon intermittente. Il doit rester indépendant du réseau de la VMC et du conduit collectif. Enfin, une cuisine sans hotte est tout à fait légale tant que la ventilation générale fonctionne : entrée d’air dans les pièces sèches, bouche d’extraction propre et dégagée, et aération quotidienne.
Avant d’acheter ou de percer, vérifiez le type de ventilation de votre logement, la présence éventuelle d’un appareil à gaz et les règles de votre immeuble. Ces trois points déterminent presque toujours le choix entre évacuation et recyclage.





